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Historique

Pourquoi un Mémorial

 

Phare de Kermorvan, Bretagne, FinistèreDe la Mer d’Iroise aux Monts d’Arrée et aux Montagnes noires, s’étendant sur le Bas Léon, le pays pagan et le Haut Léon, jusqu’aux limites du Trégor, la section du Finistère nord de la Société d’entraide des membres de la Légion d’honneur recouvre les arrondissements de Brest et de Morlaix et les cantons de Huelgoat et de Carhaix. Son ancrage dans une terre de tradition à la forte personnalité l’a tout naturellement conduite à raconter l’histoire de cette région vue à travers la Légion d’honneur, avec la volonté de souligner ce que nos légionnaires ont apporté à leur terre d’origine et, au-delà, à la France, depuis la création de l’Ordre en 1802, quelle qu’ait été leur activité et où qu’ils aient exercé cette activité, en France comme dans le reste du monde. 

L’objectif poursuivi, double travail d’histoire et de mémoire, est ambitieux et a nécessité de longues et minutieuses recherches avec un appel à toutes les sources d’information disponibles. Les familles des légionnaires, également sollicitées, ont, d’emblée, marqué leur intérêt pour la démarche ainsi entreprise. Ici, mer et terre ont toujours été en étroite relation, exerçant une forte emprise sur la nature et sur les hommes. Si, dans le cadre d’une culture latine, notre département est appelé Finistère – finis terrae, la fin de la terre - pour nous, Bretons, il demeure « Penn ar Bed », la tête du monde. Installés face à la mer, les hommes de chez nous ont toujours vécu leur espace comme une ouverture sur « les routes de l'entreprise planétaire », selon le mot d'Yves Le Gallo. Il n’est donc pas étonnant que, voulant raconter l’histoire du Finistère nord, nous ayons rencontré des hommes et des femmes au caractère bien trempé, civils, militaires, laïcs, religieux, souvent visionnaires, dont l’action, sur terre et sur mer, dans le monde, a contribué à maintenir le prestige de la France, notamment dans les pays où flottait son drapeau. Bien entendu, nous avons, également, retrouvé celles et ceux qui, au fil du temps, sur le sol natal, ont révélé leur forte personnalité. Ainsi, ce sont des hommes de cette terre qui sont à l’origine des grands mouvements annonciateurs de la modernisation de l’agriculture et du système de distribution, dans le Léon d’abord, puis dans notre pays. Au total, qu’ils soient titulaires d’un mandat électif, paysans, marins, militaires, médecins, enseignants, religieux, acteurs de la vie économique, tous ont vu leurs « mérites éminents » justement récompensés par leur nomination dans notre premier Ordre national.

Fruit d'un travail collectif, le mémorial de la Légion d'honneur du Finistère nord est un témoignage de reconnaissance envers cette élite d’hommes et de femmes qui ont écrit l’histoire de leur terre, qui ont contribué à écrire l’histoire de France.

 

Ar Vretoned a zo lorc’h enno gant o bro Breizh, gant o istor, o sevenadur hag o yezh, ar brezhoneg. N’int ket klozet warno o-unan avat, ar c’hontrol-beo eo ! Digor-bras eo prenestr Breizh war ar bed. Tud kalonek ha krenv eo ar Vretoned, mat da labourat, n’o deus ket damant d’o foan. Roet o deus d’ar Vamm-vro soudarded dispar, martolodes dispont, klaskerien-vro brudet dre ar bed-holl. Ar Gelted, o zadoù-kozh, o doa desket labourat an houarn, o rein tro evel-se d’o artizaned da sevel oberennoù arzel eus ar c’hentan. Da labourat douar e oant ar re wellan ivez. E-touez ar Vretoned ez eus bet medisined o kas ar skiantoù warraok, skrivagnerien dornet-kaer, ijinourien ampart, embregerien oberiant, beleien, misionerien o kas ar C’helou mat dre ar bed-holl. N’eus bro dre ar bed ha ne vefe Breizhad ebet enni. N’eo ket souezhus e vefe bet kavet dispar ar Vretoned gant Pennoù-bras ar vro hag enoret bras ganto. Ar Groaz-a-Enor a zo bet roet da galz a Vretoned, ur vedalenn a zo lorc’h enno o tougen. Skrivet gant Emile Corre Troet e brezhoneg gant Goulc’han Kervella.

Le peuple breton est fier de son originalité, mais sans exclusive. Il est courageux, dur au travail et à la peine. Il a fourni d’excellents soldats, des marins réputés, des explorateurs universels. Les Celtes, leurs ancêtres, ont mis au point la métallurgie du fer, permettant à leurs artisans de réaliser des œuvres d’art magnifiques et à leurs agriculteurs de devenir les meilleurs.


Yves Guyader, Préfet honoraire
Ancien Président de la section SEMLH du Finistère-nord
Commandeur de la Légion d’honneur

 

Petite Histoire du Mémorial

 

« Three blind mice, three blind mice, see how they run » (comptine britannique)

Formule du serment, Ordre National de la Légion d'Honneur.Au commencement il y eut le président qui désigna Guy comme chef de projet pour mettre en musique une partition qui paraissait irréaliste à beaucoup. Il pétrit donc la pâte, encore et encore, souleva une certaine curiosité bienveillante. Devant l’ampleur de la tâche, il s’est adjoint Jean-Noël qui tenta d’insuffler un peu de rigueur juridique et historique. La pâte levait et d’autres petites mains vinrent les rejoindre. Roland, trente ans de Légion (étrangère), s’attabla au Service historique de la Marine à Brest et n’en sortit qu’après avoir épuisé le dépouillement de 750 fiches matriculaires d’officiers de marine et du corps de santé. Jean-Yves, dans sa bastide carantécoise, recueillit les données des enfants de l’illustre cité. Hamon découvrit les archives de l’évêché de Quimper et les trésors enfouis dans les bulletins paroissiaux. Maurice, trouvant son chemin de Damas comme saint Paul, à moins que ce ne fût l’exemple de saint Thomas, assura avec ferveur la relecture de toutes les « bios » concernant la marine. Avec André, membre éminent du CGF brestois, on eut à notre disposition un généalogiste scrupuleux qui ne laissa passer aucune imprécision ou incertitude, le service qualité en quelque sorte. Les informations commencèrent à affluer en provenance des familles qui ont bien voulu nous livrer leurs trésors personnels mêlés à quelques parcelles de gloire de l’Histoire, avec beaucoup d’émotion, à l’initiative des présidents de comité qui défrichèrent ainsi le terrain. Beaucoup d’autres sont venus, ont vu et sont repartis, allergiques à la manipulation de la souris, à la poussière des archives et au travail de fourmi. Léonore n’en finit pas moins cependant par nous livrer la majorité de ses secrets. Devant la masse d’informations recueillies, il a été rapidement évident de recourir à l’informatique. Alors arriva Benoit, derrière de vénérables moustaches, « so very british », qui donna le jour à « Bertille », notre base de travail, qu’il alimenta de ses blanches mains en entrant toutes les données récoltées avidement par les scribes, un véritable travail de bagnard brestois condamné à une longue peine. Henry-Jean, notre barde, mit toute sa fougue bretonne à vanter les mérites de ses coreligionnaires dans les notices historiques qui accompagnent le Mémorial. Et puis il y eut tous les obscurs et les sans-grades, relancés sans cesse par la fougue infatigable du président et du vice-président, qui amenèrent leur pierre à l’édifice.

Mais il y eut aussi des coopérations externes de chercheurs qui voulurent bien nous laisser accéder à leurs travaux. Saluons et remercions ainsi Gilles Jogerst et ses officiers de la marine sous la Troisième République, base que l’on peut consulter sur Geneanet , Marc Champenois, ancien marin passionné de décorations et sa base « France phalèristique », Gérard Cissé et son travail sur les cimetières brestois. Pour être présent sur Internet, nous nous sommes attachés les services, les compétences et la parfaite coopération de François.

 

« One step, one cry » (Gospel)

Déjà, on savait que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Le formatage des premiers renseignements fut incertain en raison de la diversité des formulations de nos expéditeurs, essentiellement les familles. Puis il apparut rapidement qu’il fallait différencier les légionnaires « historiques », grosso modo ceux contenus dans Léonore, et les autres plus contemporains, aux biographies plus passionnées avec leurs légendes familiales, et sur un plan plus technique, se posait le problème de l’adjonction de photos. Le premier réflexe fut d’exploiter tout d’abord les données de Léonore, environ 2 800 noms de Nord-Finistériens, soit environ 8 à 10 heures de travail par jour pendant 6 mois. Corrélativement, on effectua des recoupements avec Geneanet et les données du CGF, ce qui fait quelques dizaines de milliers de « clics » de souris ! Commença alors un grand travail de tri entre les doublons des cimetières, des fiches matriculaires, des apports de lecture et autres annuaires. Il fallut batailler aussi avec les différentes formes orthographiques de Léonore, celles issues des secrétaires de la Grande Chancellerie et celles des curés des BMS de l’Ancien Régime, souvent phonétiques pour les plus anciens titulaires de la Légion d’Honneur. Il y eut aussi la présence ou l’absence d’accent, les noms avec un ou deux « n », les gens qui naissent sous un patronyme et qui meurent sous un autre, sans compter de nombreuses parfaites homonymies. Il fallut aussi harmoniser le style des différents rédacteurs, stimuler les plumes paresseuses adeptes du style télégraphique, mais aussi freiner les prolixes, pour plus de … 6 000 fiches. Un bond quantitatif et qualitatif indéniable fut réalisé quand Léonore fournit en ligne le contenu de certains dossiers de légionnaires. Comme on ne peut consulter que 10 dossiers par jours aux Archives Nationales (soit 280 jours ouvrables en ce qui nous concerne), cette initiative fut la bienvenue. Cette mise à jour qui continue implique la reprise de certaines biographies et l’ordinateur de Benoit confirma une fois de plus son utilité.

Grâce à toutes les bonnes volontés qui voudront bien consulter cette page et compléter, rectifier les données qui y sont incluses et qui, nous espérons, vous intéresseront, vous pourrez prendre une part constructive à l’élaboration de ce Mémorial dédié aux Légionnaires du Nord-Finistère. 

Jean-Noël Marlier, administrateur du site
Chevalier de la Légion d'Honneur