Activités culturelles

  • Conférence : "Des os et des hommes"

    Conférence prononcée le Jeudi 10 Décembre 2015 par le Dr Henri TURIER.
    Des os et des hommes 

    « Il voulait me donner un coup de pied sur la flûte et je l’ai reçu sur la roulette ». Non ! C’est une phrase qui n’a rien d’indécent. C’est ainsi qu’on parlait au moyen âge et au début des Temps modernes. Ambroise Paré le « chirurgien des rois et le roi des chirurgiens ne s’exprimait pas autrement quand il designait le tibia (flûte) et la rotule (roulette) et Montaigne non plus. Montaiogne confondait tibia et flûte ? Affirmatif ! Il faut dire qu’Ambroise Paré, le père fondateur du service de santé des armées n’était pas médecin mais barbier, donc « manuel » et les médecins traitaient de haut les chirurgiens (étymologiquement « hommes travaillant avec leurs mains »). Ils tenaient à user d’une autre langage, si possible dérivé du latin ou du grec. Et les gens du peuple ignoraient ces deux langues. Mais alors me direzvous mles médecins n’étaient pas compris de leurs patients ? Quelle importance! On sait depuis Molière que le langage des médecins est fait pour les médecins pas pour les malades. Sous la houlette du médecin-colonel H.J.T. passionné pour l’histoire (et les histoires) de la médecine nous nous promènerons dans un jardin du patrimoine, un patrimoine qui nous est cher, celui de notre corps, et plus précisément nos os, notre charpente. Combien d’os ? 214 (certains en double bien sûr). Nous voyagerons de bas en haut de cette anatomie, en termes plus savants du calcaneum à l’occiput, avec à mi-chemin le coucou (coccyx) et l’os du sanctuaire. Pardon ! Oui, le sacrum qui jouait un grand rôle lors des sacrifices dans les temples gréco-romains. Que de surprises, autant que celles d’Ali Baba dans sa caverne, ou Alice au pays des merveilles! A bientôt pour cette leçon d’anatomie, anatomie sans peine.
     
    -Le 10 décembre 2015 trente et quelques sociétaires de la section du Nord du Finistère étaient invités par le médecin-colonel (E.R.) H.J. Turier à un voyage, un voyage pas comme les autres, dans un site qui nous est cher : notre corps, plus précisément notre squelette. Nous nous sommes baladés une heure durant d’un point à un autre de cette charpente osseuse, de pied en cap pour parler français, du calcanéum à l’occiput si on préfère le latin, c’est à dire le langage savant.

    Pendant cette heure de cours nous avons eu droit à une virée en ostéologie, science de base de la médecine. Et cette virée s’est faite en compagnie de grands noms de la Renaissance : Montaigne, Rabelais et surtout Ambroise Paré, père fondateur de la chirurgie des rois (François Ier, Henri II). Sait-on que jusqu’à la Révolution les chirurgiens n’étaient pas médecins mais, comme le veut l’étymologie, « hommes de main » travailleurs manuels méprisés par les « bonnets pointus » émules de Diafoirus, tout juste bons à raser les mentons et crever les abcès.

    Passionnante cette équipée dans le « tissu osseux », en évitant « les parties molles » comme le dit dans son langage exquis l’anatomie humaine. Chemin faisant, nous nous sommes attardés sur toutes sortes d’organes plus pittoresques les uns que les autres quand ils ont perdu leur nom savant. Qu’est le tibia sinon une flûte ? Et le péroné ? Une épingle. Là dans votre nez Mesdames et Messieurs le « vomer » n’est qu’un soc de charrue et ainsi de suite. Savez-vous quel est votre os le plus lourd ? Facile direz-vous le « fémur » bien sûr. Et le plus léger ? Vous donnez votre langue au chat ? Donnez-lui plutôt votre oreille cet osselet est l’étrier, derrière le voile du tympan (ou tambour). Quel beau voyage. A quand, mon colonel, à quand un autre voyage, mais cette fois dans les « parties molles » ? Demandez-le à notre président, à Paul T.

    Cela dit Bonne année à tous (et bonne santé évidemment. Pensez aux vitamines et au calcium).

  • Conférence : "La guerre biologique"

    Conférence prononcée le Jeudi 12 Novembre 2015 par M. le médecin chef des services (2s) Philippe BIETRIX.

    La biologie : une arme ?
     
    MCS (H) Philippe Bietrix
     
    Si des témoignages existent de l’utilisation de bactéries ou de virus comme arme pour neutraliser un ennemi, telle l’épidémie de peste noire de 1346 véhiculée par les Génois dans leur fuite de Kaffa, le travail expérimental de l’Unité 731 en Mandchourie de 1931 à 1945, la contamination de l’île Gruinard en Ecosse de 1942 à 1990, mais encore la guerre en Iran - Irak (1980-1988), les enveloppes piégées à l’anthrax en 2001 aux Etats-Unis. Qu’en reste-t-il en 2015 ?
    Historiquement il faut bien reconnaitre que le période faste pour les recherche effectuées dans ce domaine se situe de la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu’à l’année 1972, date de la rédaction de la Convention d’interdiction de l’arme biologique, encore refusée par 21 pays sur les 197 reconnus par l’ONU. Les deux grands acteurs ont toujours été les américains avec l’USAMRIIDS (United States of America Medical Research Institute for Infectious Deseases) et les soviétiques avec le programme « Biopréparat ».
    Une bactérie, un virus, une toxine (poison redoutable produit par une bactérie), sont capables de devenir une arme que l’on peut disperser pour contaminer  les hommes, les animaux, les végétaux. Pour obtenir une arme efficace l’agent utilisé doit présenter des caractères définis dès 1949 aux Etats-Unis, entre autres : une virulence forte pour une faible quantité contaminante, une résistance élevée aux traitements, l’absence de vaccin chez l’ennemi. Le plus souvent l’agent est modifié par un traitement de biologie moléculaire (surtout les bactéries) qui lui confère des caractères de meilleure efficacité, virulence, résistance, de plus grande difficulté de détection. Les agents les plus actifs restent ceux de la classe A, très actifs, faciles à produire et répandre, responsables de maladies hémorragiques (maladie d’Ebola par exemple). Parmi les toxines on retiendra la toxine botulinique et la ricine.
    Pour répandre les agents actifs plusieurs possibilités existent depuis l’action commando (contamination de l’eau par exemple), l’utilisation du vecteur naturel de la maladie (puce, tique), jusqu’à l’utilisation d’un vecteur militaire (missile, bombe). L’important actuellement est de savoir diagnostiquer le présence de l’agent non seulement chez le patient atteint afin de lui donner un traitement adapté mais encore d’essayer de le détecter au moment de la dispersion avec le plus de précision possible.
    En France la lutte contre l’arme biologique repose sur la mise en œuvre du plan gouvernemental Biotox avec ses deux volets d’action. D’une part on peut parler de mesures permanentes : instauration d’une veille sanitaire avec surtout formation des personnels, leur préparation et la maintenance de moyens (stocks de vaccins, de médicaments). Le deuxième volet est constitué par la gestion même de crise, déclanchement du plan au niveau du gouvernement et de ses réseaux : zones de défense (n=7), préfectures (100) et leurs structures annexées (SDIS, Police , Gendarmerie), centre de sécurité civiles (n=3). Au niveau des établissements de santé la gestion de crise consiste dans la mise en œuvre du Plan Blanc de prise en charge d’un afflux de patients, plan que chaque établissement se doit d’avoir préparé tant au niveau de ses matériels que de ses personnels.
     

  • Sortie du 19 juin 2015

    ~~Sortie culturelle de la section SMLH 29N le 19 juin 2015

    Texte d'H.J. TURIER

    Des robots et des hommes

    -Échangeur ! Pour les 40 et quelques membres de la section Nord du Finistère alignés pour la photo ce mot évoque tout au plus un espace de réseau routier avec bretelles et giratoire. Ici non ! L’échangeur est une spirale rappelant en plus grand les rouleaux de réglisse du temps passé. Mais où est-on ? De quoi s’agit-il ? Nous sommes à Ploujean, banlieue de Morlaix. Nous sommes accueillis par M. Joseph Le Mer, président directeur général de la SERMETA.  On apprend que l’échangeur est une pièce maîtresse des chaudières au gaz. Mais il a bien autre chose à nous montrer dans sa société industrielle de premier ordre de renommée internationale et, paradoxalement, méconnue dans le département. Et pour cause. Dans ce monde on ne fait pas de cadeau, la sécurité industrielle est un dogme. Avec nous, ses confrères dans le grand Ordre national, aucun danger! Et il va nous prendre en main pour une intrusion dans ce qu’un sociétaire, qui a ses lettres, comparait au « meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, voire au pays des merveilles d’Alice. 

    Deux heures de déambulation entrecoupées de longs stationnements, d’un atelier à l’autre, dans le doux ronronnement de je ne sais combien de machines en pleine action, ponctuées par les coups de sifflet de jets de vapeur. Merveilleux tout cela ! On se souvient de la malédiction lancée à Adam « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». La Genèse s’est trompée. Un autre se charge ici de gagner son pain à la place de l’homme : le robot. En quelque sorte dit l’un de nous, c’est une taylorisation « revisitée » ! Exact, confirme M. Le Mer, véritable grand-prêtre de ce temple où sont honorées des valeurs au goût du jour comme l’économie, l’écologie, la technologie bien sûr, où sont battues en brèche des idées reçues sur la productivité, la compétitivité, le temps de travail et tant d’autres vertus diversement interprétées. 

    Le président et deux de ses collaborateurs se sont mis en quatre pour satisfaire notre bien légitime curiosité et envie d’apprendre. C’est fait ! Il y a en tout cas une vertu dont il n’a pas parlé, qu’aucune grandeur ne mesure : l’amabilité. Merci M. Le Mer. En levant notre verre de l’amitié offert par la maison, soyez sûr que notre section est fière de vous compter dans ses rangs.

    Pyramides bretonnes

    Bar Nenez. Étymologiquement : « tas de pierres de la presqu’île ». Qu’a donc de si attrayant un tas de pierres, sinon de dominer la rive verdoyante d’un bras de mer, ici la rivière de Morlaix ? Rien. Totalement méconnu jusqu’à la fin du XIXème siècle de notre ère, quand une société savante s’est aperçue que dans cette colline se cachait sinon le plus grand mais sans doute le plus ancien mausolée d’Europe. 

    Sous la conduite d’un guide de haut niveau les sociétaires, après un plantureux repas à quelques pas de la société industrielle d’allure futuriste visitée le matin, ont entrepris de s’attaquer à flanc de coteau à ce prestigieux monument datant de la plus lointaine préhistoire, du néolithique comme l’affirmait le guide –« plus ancien que les pyramides d’Égypte ? » a demandé un « randonneur ». –« Affirmatif » lui a t-on répondu. « Beaucoup plus ancien. Mais les pyramides ont bénéficié d’une publicité gigantesque, pharaonique, a t-il poursuivi. Ici les chambres funéraires (un mausolée est une nécropole) que vous visiterez sont demeurées invisibles, et le seraient restées à tout jamais. Savez-vous qu’une fois découvertes à la fin du XIXème siècle, ces cairns , leur nom officiel, ont servi de carrières exploitées et commercialisées par des gens sans scrupules ».

    La résurrection de ce patrimoine inestimable est due à une poignée d’archéologues qui se sont battus bec et ongle pour sa réhabilitation. Elle est due surtout à André Malraux qui a eu le coup de foudre pour ces pierres au point de les comparer à un « Panthéon de mégalithes ».

    Quelques sociétaires plus audacieux et plus curieux se sont aventurés dans ces « couloirs de la mort » de la nuit des temps et s’en sont tirés sans histoire. Comme on le faisait remarquer à propos de ces chambres funéraires (c’est leur nom officiel) le culte des morts est la base de toutes les religions, et en Bretagne plus qu’ailleurs.

    Reine de l’Arvor

    Deux heures debout le matin, une heure en début d’après-midi, les randonneurs ont apprécié une dernière étape plus reposante à Lamneur, à quelques kilomètres de Bar Nenez. Sagement assis sur le mur de clôture de l’enclos paroissial de Kernintron en Lanmeur les  sociétaires ont pu écouter le dernier guide, l’auteur de ces lignes, juché sur une des marches du calvaire monumental, leur rappeler que tous les sanctuaires en Bretagne étaient des enclos et que ceux-ci étaient avant tout des cimetières. On rejoignait le culte des morts évoqué par le guide précédent. 

    Mais il y a bien autre chose à Kernintron et d’abord cette chapelle, une des plus originales puisqu’on y a réussi cet harmonieux mariage des deux styles architecturaux du moyen âge. A l’ouest le roman, à l’est le gothique. On aurait tort de ne voir dans ces deux arts qu’une différence dans la géométrie : plein cintre et voûte en berceau pour le roman, tiers point et croisée d’ogives pour le gothique. Élevons le débat ! La différence est spirituelle. C’est toute la religion et la foi qui vont être bouleversées. 

    Le roman c’est une église militante, forteresse de la foi. Le chrétien ne pense qu’à son salut dans l’au-delà. Le tympan du portail sud de Kernintron en est un bel exemple. C’est un catéchisme en images qui s’offre au spectateur : comme à Saint-Trophime d’Arles ou à Moissac, c’est une vision du jugement dernier, à droite le Souverain juge les élus, à gauche les damnés. C’est une religion de la peur, une peur salutaire, oh combien, mais redoutable quand même. 

    Avec le gothique tout va changer. C’est l’église triomphante ! Dieu n'est plus perçu comme un Souverain juge mais comme un bon samaritain, un bon pasteur. C’est la religion de l’amour et du pardon. Et, surtout, bien plus révolutionnaire le culte marial va prendre un essor extraordinaire particulièrement en Bretagne. 

    Après avoir contemplé les bas reliefs du tympan du portail sud très dégradés par les intempéries, on entre dans l’église qui dans sa partie est offre aux regards statues, fresques, tableaux tous à la gloire de celle qu’on appelle encore « Reine de l’Arvor », première au « hit-parade » des saints (et des saintes) bretons avec en deuxième plan « Anne », héritière d’une divinité celtique. Tout le monde à l’invitation du guide s’est levé pour saluer comme il se doit cette héroïne du panthéon breton. Certains et certaines des moins jeunes ont même accompagné leur guide dans un cantique, cher au cœur de tous les Brestois à l’issue de la seconde guerre mondiale, qui a ravagé le « Grand port du Ponant » - chez nous soyez Reine. 

    Au total, excellente journée. Et on s’est donné rendez-vous pour la suite du programme culturel après l'été.

  • Conférence du docteur Henri Turier du 11/12/2014

    ~Pélerinage aux sources
    Je naquis avant terme et si faible que pendant deux mois on crut que je vivrais pas. Notre servante Maud vient dire à ma mère qu'elle avait un moyen sûr de savoir mon sort. Elle prit une de mes petites chemises, alla un matin à la fontaine sacrée et revint la mine resplendissante:
    -"Il veut vivre, il veut vivre:" cria t-elle, " à peine jetée sur l'eau, la petite chemise s'est soulevée".
    C'est Renan qui rapporte ce "miracle", Renan qui, en son temps, avait semait l'épouvante dans les séminaires. Ce prodige était l'illustration de l'une des trois vertus des fontaines dites sacrées et qu'il convient, comme le disent les sociologues, d'appeler plus justement les "fontaines à croyance et pratiques" (F.C.P.). La plus célèbre des F.C.P. est, nul n'en doute, à Lourdes. Les deux autres vertus attribuées aux sources sont le pouvoir de guérir et celui de protéger. La Bretagne, plus spécialement le Finistère Nord, compte autant de fontaines "miraculeuses" que le reste de la France. Comment pratiquer ce culte des eaux? De trois façons, par immersion de tout ou partie du corps, par application de linge trempé, et surtout, par absorption, comme une boisson.
    Fontaine de la Trinité (Morbihan): cette discrète fontaine à l'architecture fort bien équilibrée se trouve à quelques centaines de mètres de l'église paroissiale, rare et bel exemple d'architecture romane en Bretagne, où se trouve une remarquable statue du Père, du Fils, et du Saint Esprit. On se rend à la fontaine en procession le dimanche de la Trinité, jour de pardon.
    Le docteur H. J. Turier, bien connu des sociétaires, a passionné une trentaine de ceux-ci le 11 décembre 2014 au C.O.M. (Centre des Officiers Mariniers) en leur apportant ce qu'il a appelé son pèlerinage aux sources, s'appuyant sur de nombreuses photographies des hauts-lieux de cette religion populaire. Les F.C.P. sont des constructions affectant dans leur architecture un des trois styles, roman, gothique ou Renaissance, sous les formes les plus variées, du simple trou d'eau entre quatre dalles au pied d'une croix rudimentaire jusqu'aux riches petits temples gréco-romains, fontaines à voûtes et fontaines à fronton, selon qu'elles sont sous un toit ou à ciel ouvert.
    Vin d'honneur
    Une question brûlait les lèvres des auditeurs: efficacité ou voeux pieux? Quelles ont les propriétés réelles de ces F.C.P.? Réponse: aucune propriété, c'est lui ou elle qui les a. Qui lui, elle? Le saint ou la sainte auxquels ces eaux sont dédiées, le saint ou la sainte dont la statue presque toujours est sculptée sur le fronton. C'est à eux que s'adressent les demandes de guérison, de protection, de prévision de l'avenir. Et le conférencier, assez facétieux, de comparer les gorgées d'eau sacrée (qui ne l'est pas) aux vins d'honneur que l'on boit en levant son verre à la mémoire d'un ami. Ici c'est à la mémoire de l'heureux bénéficiaire, pensionnaire pour l'éternité du firmament:
    -"Toi là haut qui est si bien, dans ton ciel, fais quelque chose pour moi. J'en ai besoin".
    Un autre écrivain breton, moins sulfureux que Renan a chanté les sources, Anatole Le Bras:
    -"Comment ne pas attribuer des pouvoirs surnaturels à une fontaine qui sourd et s'épanche dans les près, dans les champs, et les clairières, qui jaillit même du roc, fraîcheur et vie.
    Et en ce point d'orgue de cette étude un troisième Breton, beaucoup plus connu en Bretagne, emboîte le pas à ses deux compatriotes.
    - "Dites vous bien que le miracle c'est vous qui l'apportez avec vous. L'eau de la source fait le reste." Il s'agit de Jakez Hélias, l'auteur du "Cheval d'Orgueil".
    Un vin d'honneur (pas une eau d'honneur) compléta cette belle conférence. Chacun des assistants leva son verre à la santé des présents, à la mémoire des absents et à la longue vie de la section du Finistère Nord.
    H.J. Turier, Brest, décembre 2014

  • Balade aux Confins de l'Univers observable

    Introduction à  la conférence donnée par le capitaine de vaisseau honoraire Guy Crissin.
    Brest Cercle de la Défense, rue Yves Collet, le 28 octobre 2014.

    L’Univers observable est immense,  pourtant nous allons nous offrir une balade en images numériques, par grandes étapes sur cet espace complexe de plusieurs milliards de milliards de  kilomètres où le poids d’une petite cuillerée de matière peut peser plusieurs centaines de millions de tonnes, où la température du plasma de cœur d’étoiles affiche au minimum trois millions de degrés, où des noyaux de nébuleuses mourantes peuvent terminer leur vie stellaire en diamant pur et  où les masses sont de l’ordre de 10 puissance 30 (1 suivi de 30 zéros).
    Nous partons de l’hémisphère sud, par la Porte du Soleil, sur le plateau de l’Isalo à Madagascar, à la vitesse de la lumière (300 000 km/s), sur un engin ultra rapide - qui reste à inventer- nous tutoierons successivement le système solaire, des étoiles proches puis la Voie lactée où nous ferons une courte halte, histoire de repérer avec nos instruments les plus belles galaxies.
    Au passage nous lirons le livre d’or de la naissance de l’univers, le Big Bang, pour apprécier son âge de 13,8 milliards d’années-lumière dont la trace a été découverte par le satellite Planck dans un bain de rayonnement micro-onde, représenté aujourd’hui par la carte du « fond diffus ». Quelques étoiles géantes  typiques jalonneront ce parcours. Puis nous saisirons les immensités en réseaux où les valeurs chiffrées dépassent l’entendement humain.

       NASA (HUBBLE). Nébuleuse tête de l’Esquimau

    Face à  celui de Laniakea (« l’incommensurable paradis » en tahitien) dont fait partie la Voie lactée, à des milliards de kilomètres du départ, nous allons faire demi-tour, non sans regarder le gigantesque mur de Sloan. Le développement de l’univers aura alors un diamètre de 92 milliards d’années-lumière(*) et nous aurons mis près de 14 milliards d’années à le parcourir à la vitesse de la lumière.Nous échangerons  sur une découverte récente étrange non encore expliquée : Pourquoi la Voie lactée se dirige à  630 km / s dans la direction d’un « Grand attracteur » dont la nature nous échappe ?
    Nous reviendrons sur terre dans l’hémisphère sud, à l’Ile de la Réunion où le volcan de la Fournaise en éruption, nous permettra – en guise de conclusion - de faire un clin d’œil à la Nébuleuse ocre et jaune de la tête d’esquimau que nous avons croisée, il y a peu, dans la Constellation des Gémeaux, à 3750 années-lumière (*) de nous.
     
    (*) 1 année-lumière = 9,5 milliards de km, environ.
     

  • Conférence du Jeudi 16 Octobre 2014

    • Conférence du Jeudi 16 Octobre 2014.
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    • Le conflit du Mali, son déroulementet l'analyse des deux principaux facteurs à son origine : les Touaregs et la montée de l'islamisme.
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    • Le jeudi 16 Octobre notre section a eu le plaisir d'accueillir le Général (2s) Louis Thuillier a l'occasion d'une conférence sur la crise en cours depuis 2013 au Mali.
    • Notre invité  a ainsi pu faire une présentation complète  des raisons ayant conduit à l'intervention des forces françaises dans cette région de l'Afrique.
    • Sa grande connaissance du sujet fondée sur l'expérience de multiples séjours dans ce pays a permis de remettre ces évènements dans leur perspective historique.
      Nous avons pu ensuite partager en sa compagnie quelques bulles et canapés au cours d'une réunion amicale des membres de l'assistance et de notre section.
       
  • Sortie culturelle du 19 juin 2014

    L’après-midi
     
    Puis les convives ont regagné Saint-Servais où ils ont été accueillis par Jean Berthou, créateur et conservateur du musée Yan' Dargent, impatient de faire découvrir cet artiste (1824-1899) né et inhumé à Saint Servais, chevalier de la Légion d'Honneur. Ici le peintre-illustrateur est présent partout: dans l'église et l'ossuaire que le peintre d'art religieux a splendidement décorés, dans le cimetière de l'enclos paroissial où il est inhumé, dans le musée éponyme qui expose une quarantaine de ses oeuvres.  « Vous ne sentirez pas le temps passer avec moi », nous avait dit notre guide d'entrée de jeu, et de fait on n'a pas senti passer les quatre heures d'une  présentation passionnante.

    Parmi la quarantaine d'oeuvres exposées au musée, « Les lavandières de la nuit » ont retenu l'attention car  ce tableau a valu la célébrité à l'artiste. Celui-ci serait en effet passé dans l'oubli sans l'intervention d'un « passeur » de talent, écrivain romantique, Théophile Gautier, qui a commenté cette toile en dix lignes; mais, nous dit le conservateur qui les a lues à haute voix, dix lignes qui valent leur pesant d'or car, sans ce « passeur », presque personne ne connaîtrait Yan' Dargent. « C'est la force du verbe », martèle-t-il, avec en écho le proverbe connu « La parole est d'argent ».
    Au nombre des anecdotes on retiendra l'histoire invraisemblable de la décollation du chef de Yann Dargent huit ans après son inhumation.
    Un siècle plus tard, à Saint Servais nous avons rencontré un autre « passeur »: merci Jean Berthou, soyez assuré que cet été nous inviterons nos amis à visiter ces lieux, surtout si vous êtes présent, cela va de soi.

  • Sortie culturelle du 19 juin 2014

    Le 19 juin, la section a effectué une sortie touristique et culturelle. Au programme deux visites hautement instructives: l'enclos paroissial de La Martyre le matin, le musée Yan' Dargent à Saint Servais l'après midi.

    Le matin
     
    Dans le sillage de leur guide habituel Henri Turier, apprécié de tous, quelque 40 sociétaires se sont rendus à La Martyre. Cette petite bourgade, qui domine l'Elorn, à 200 mètres au dessus du niveau de la mer, a été édifiée au croisement de voies routières reliées à toutes les échancrures du littoral de Crozon à Morlaix, carrefour propice aux échanges commerciaux avec les pays maritimes voisins. La famille princière la plus célèbre de Bretagne, les Rohan, s'est investie au delà de toute mesure pour que La Martyre devienne une foire internationale, ce qu'elle devint.
    De l'avis des historiens de l'art sacré, l'enclos paroissial est le plus ancien, le plus complet, le plus original des enclos des rives de l'Elorn. Original certainement puisqu'il a réussi le mariage harmonieux de quatre styles architecturaux: Roman, Ogival, Renaissance et Classique. Le guide a invité l'assistance à faire le tour de l'édifice. Il s'est attardé sur un des monuments les plus dignes d'intérêt de l'enclos: l'ossuaire. Au premier coup d'œil, sur la façade de cette construction, les lanternons, les pots à feu, les cariatides montrent à l'évidence que nous ne sommes plus dans le Gothique mais dans le Renaissance, renaissance italienne et païenne puisqu'héritée de l'antiquité gréco-romaine. Un ossuaire n'est pas seulement une décharge d'ossements, c'est surtout une collection d'images porteuses de messages délivrés par les morts aux vivants qui leur succèderont. Et ce, par l'intermédiaire de figures emblématiques, comme ce crâne et ces deux tibias évoquant le fossoyeur s'adressant à Hamlet « Être ou ne pas être ». Moins littéraire et terriblement réaliste, l'Ankou, connu de tous les bretons, personnifie la faucheuse macabre annonciatrice d'une mort prochaine « Aujourd'hui c'est moi, demain ce sera toi ».
     
    Quelques kilomètres plus loin, les participants ont quitté l'art du « bien mourir » de La Martyre pour celui du « bien vivre » de La Roche Maurice autour d'un repas convivial et savoureux à l'Auberge du Vieux ChâteauLe 19 juin, la section a effectué une sortie touristique et culturelle. Au programme deux visites hautement instructives: l'enclos paroissial de La Martyre le matin, le musée Yan' Dargent à Saint Servais l'après midi. 

     

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